L'armement sur un bateau

Aiguille : madrier vertical, de section carrée de 8 cm x 8, et long de 2,50 m à 3,50 m, juxtaposé avec plusieurs autres, et appuyé contre une volée dans le cas d'un pertuis, ou une structure métallique constituée de fermettes reliées par des barres métalliques dans le cas d'un barrage mobile, de manière à former un rideau étanche. C'est un système utilisé dans les pertuis depuis très longtemps, et étendu aux barrages mobiles par l'ingénieur Charles Poirée dès 1834. On trouve aussi les termes "asperges" et "pointeau".
Autre sens : ce peut être aussi, sur les bateaux de Loire, les pièces de bois en forme de quilles (ce mot se dit aussi) qui permettent de tendre les haubans du mât, et aussi de les détacher très rapidement.

aiguille de bateau de Loire
Aiguille de bateau de Loire.

Amarre : corde munie d'une large boucle à chaque extrémité, utilisée pour sécuriser le bateau dans les écluses, et l'attacher à la terre ferme lors d'une escale. "Bout" est maritime et donc impropre.

Anguillet : sur les bateaux en bois ou en métal, découpe ménagée dans les rables et les allonges de sole des courbes pour permettre à l'eau de s'écouler jusqu'au sentineau où elle est recueillie et écopée ou pompée.

anguillet

Anguillets dans un bateau de Loire

Arronçoir : sur les anciens bateaux de la Loire (toues, chalands) et de la Seine (marnois principalement, mais aussi parfois foncets et besognes), planche de bois dur, dont le bord inférieur est taillé en forme de crémaillère, et placée sur les côtés du bateau à l'avant et à l'arrière, souvent en plusieurs exemplaires en autant de niveaux. Lorsque le marinier, placé à l'avant du bateau, voit celui-ci se diriger vers un haut-fond ou un rocher dangereux, il pointe son bâton de marine vers cet obstacle, et cale l'autre extrémité, celle par laquelle il tient le bâton, dans les dents de l'arronçoir. Ceci a pour effet de déporter violemment le bateau sur le côté, évitant ainsi l'obstacle. Plus d'un marinier a laissé un ou plusieurs doigts dans les arronçoirs en pratiquant cette technique nommée "bournayage". On voit parfois aussi le terme "rançoir".

arronçoirs
Arronçoirs sur un bateau de Loire

Bille, billard, billette : mèche de la piautre du chaland ou du fûtreau de Loire. La "bille" (ou "billard" ou "billette"), qui repose sur les ménicles et le tableau arrière est très oblique.

Biller : sur la Loire, faire pivoter le bateau le nez vers l'amont pour freiner sa descente.

Billot : sur un chantier de construction navale, ce terme désigne un fort plot posé sur le sol et qui supporte une cöette, fort madrier transversal sur lequel on construira le bateau.

Bourde : sur la Loire : perche ferrée servant à manœuvrer en prenant appui sur le fond. Souvent en châtaignier.

Brai : sur les bateaux de Loire, cordage qui lève la partie inférieure de la voile de manière à ménager une "fenêtre" par laquelle peut voir l'homme qui gouverne à la piautre.

Action du brai
Action du brai (bateau "Montjeannaise")

 

Braies : sur les bateaux de Loire, haubans qui maintiennent le mât.

Braye : sur la Loire, filet de pêche en forme d'entonnoir (cf Saint Jean de Braye).

Cannap(e) : serre-joint utilisé par les charpentiers de marine pour, entre autres, maintenir les bordés d'un bateaux avant leur fixation définitive par clous ou chevilles. Le cannap (ou cannape) se présente sous la forme d'un grand H articulé, et son principe est simple : un coin de bois enfoncé entre les hauts des jambes du H reserre le bas des mêmes jambes.

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Cannap.

 

Châbleau : corde de batelier (vieux français).

Clin(s) : une bordaille est dite "assemblée à clins" quand les planches qui la constituent se chevauchent de haut en bas sur un quart ou un tiers environ, à la manière des tuiles d'un toit. Cette technique, qui viendrait des peuples scandinaves, a touché principalement, sur les rivières, les bateaux de la Loire, certaines gabares de Charente, et les foncets de la basse Seine. On la trouve aussi sur de nombreux types de bateaux de mer.
Le mot a formé celui de "déglinguer" qui désigne l'opération consistant à disloquer un bateau assemblé à clins.

assemblage à clins
Assemblage à clins d'un bateau de Loire.

 

Dame de nage : dispositif d'appui de l'aviron sur une barque ou un esquif de sport. Au contraire du tolet qui est souvent en bois, la dame de nage se présente comme un Y courbe métallique qui peut être articulé à la rame, ou au contraire solidaire du bateau. Voir "tolet"

Emplanture : sur un bateau gréé, forte pièce de bois destinée à recevoir la base du mât. Pour celà, il y est ménagé une cavité dans laquelle vient se loger, s'encastrer la base du mât. L'emplanture peut être intégrée à une forte membrure, ou bien indépendante.
On emploie aussi les termes "sabot", "castro" ou "castreau".

Entournure : sur un bateau de Loire, entaille semi-circulaire sur le seuil arrière du bateau, sur laquelle repose la piautre en équilibre.

Guinda : sur les bateaux de Loire, gros treuil à axe horizontal et aux usages multiples (touage sous les ponts, dressage du mât, montée de la voile…), placé à l'arrière du bateau jusqu'à la fin du XIXe siècle où il passe à l'avant, le sens d'abaissement du mât ayant changé. Peut désigner un treuil sur une péniche ou un pousseur. En mer, c'est le guindeau. Étymologie : scandinave "vindas", qui a donné le "Winde" allemand, le "winch" anglais ainsi que les "rewind" et "forwind" des magnétoscopes et -phones, et même le français "guinder".

guinda

Guinda de bateau de Loire (maquette)

Guinda

Guinda de petit chaland de Loire

Guiroué : sur les anciens bateaux de Loire, belle girouette ouvragée placée en haut du mât. Utilité : indiquer le sens du vent, ce qui peut être intéressant sur un bateau fonctionnant à la voile, non ? Quant à la décoration, elle est souvent chargée de signification et de symboles.

guiroué

Guiroué de la "Nivernaise".

Mât : longue pièce de bois verticale, placée sur le bateau entre le milieu et l'avant, et destinée, selon le cas et de façon non exclusive, à recevoir soit un gréement, soit un verdon de halage. Le bateau de canal, genre péniche, peut être équipé de deux mâts. Le grand mât, rabattable, est utilisé en rivière, lorsque le bateau est loin de la rive, et que le verdon doit passer par-dessus la végétation de la berge. Le petit mât, éventuellement démontable, est utilisé en canal. Deux petits mâts peuvent être placés un de chaque côté du bateau, éventuellement réunis en haut par une barre horizontale.

Pagaie : instrument manuel de propulsion, direction et stabilisation des petites embarcations sportives comme les canoës (pagaie simple) et kayaks (pagaie double). La pagaie, au contraire de la rame et de l'aviron, est totalement indépendante du bateau, elle n'y prend pas appui. Le mot "rame" est inapproprié pour désigner la pagaie.

Piautre : nom donné au grand gouvernail du chaland de Loire. La piautre est un gouvernail d'origine très ancienne dont l'axe, la "billette", est oblique, incliné vers l'avant. Sous un aspect très rustique, c'est un gouvernail très efficace aux multiples possibilités. Il est réglable en hauteur, profondeur, inclinaison, etc. Il est aussi amovible. Ce type de gouvernail n'est absolument pas spécifique à la Loire, et on le trouve dans tous les pays du monde, et dans des époques très anciennes, comme sur le Nil 2000 ans avant notre ère.

Piautre
Piautre de bateau de Loire (maquette)

 Piautre de marnois
Piautre de bateau marnois (maquette)

Piautre égyptienne
Piautre d'un bateau de charge égyptien, 2000 ans avant notre ère.



Manoeuvre de la piautre

Rable : forte pièce de bois (cornière métallique à présent) disposée en travers de la sole, sur toute sa largeur, et destinée à maintenir sa rigidité. Les rables sont disposés à une distance les uns des autres d'environ tous les 50 centimètres. Ce terme est usité surtout à propos de la marine de Loire.

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Rables d'un bateau de Loire.
 

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